Sesso nero et Orgasmo nero - Joe D'Amato

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Bach Films n'en finit pas d'exhumer des pépites inédites, que ce soit dans le cinéma « de prestige » ou dans celui plus classé bis. On se retrouve ici plongé en plein dans la seconde catégorie, puisque l'éditeur entame une nouvelle collection dédiée au pape du cinéma d'exploitation, Joe D'Amato. Deux titres très rares sont ici retrouvés, tirés d'une des périodes les plus créatives du réalisateur, à l'époque pas encore reconnu comme un petit maître du gore. En 1978, D'Amato tout juste sorti de sa série des Black Emanuelle, délocalise son équipe de tournage sur l'île paradisiaque de Saint-Domingue, où il commence à tourner, à mesure que la censure italienne recule, une nouvelle série de longs-métrages mêlant érotisme et horreur, avec la ferme intention cette fois-ci de rentrer pleinement dans le porno hard. Sesso nero et Orgasmo nero comptent parmi les plus réussis de cette époque.

Sesso nero (1980) reste en effet considéré par beaucoup comme le meilleur film de D'Amato, toutes périodes confondues. Il peut en tout cas se targuer de marquer une date historique, puisqu'il s'agit ni plus ni moins du tout premier porno « officiel » du cinéma italien, le réalisateur ayant recruté à cette occasion une poignée de comédiens bientôt spécialisés dans le genre, Mark Shannon, Annj Goren et Lucia Ramirez. Un richissime playboy apprend de son médecin qu'il souffre d'un cancer de la prostate nécessitant bientôt l'amputation de son organe viril. Désespéré, il profite du dernier moment de répit avant l'opération pour un séjour exotique en quête de sexe, mais il est peu à peu rattrapé par le démon de son passé, une femme qu'il a aimée et dont le fantôme semble le poursuivre sans relâche...

D'Amato filme son superbe décor insulaire comme un tombeau ensoleillé où son héros déchu sombre peu à peu dans l'hallucination. Il faut dire que le cinéaste se passionne pour le vaudou, thème récurrent de tous ses films de cette époque, magie face à laquelle l'homme blanc se révèle, justement, impuissant. Onirique et poétique, le film se suit comme un cauchemar éveillé, jusqu'à une ultime scène-choc, anticipant celle, ultra-célèbre qui clôture Anthropophagous. Un concentré de pur D'Amato.

Orgasmo nero bien que daté de 1980 fut en fait tourné deux ans plus tôt et s'apparente donc à la période « soft » de D'Amato. Hélène (Susan Scott) et Paul (Richard Harrisson) forment un couple en apparence heureux, jusqu'à leur rencontre avec une beauté exotique (Lucia Ramirez) qui va les faire basculer dans un monde où occultisme et cannibalisme mènent la danse. Très proche du Mondo movie dans l'esprit, le film alterne scènes érotiques et séquences touristiques montrant les us et coutumes des indigènes, mais privilégie une fois encore une ambiance irréelle et fantastique, allant crescendo vers un climax rappelant très fortement Soudain l'été dernier. Un autre petit classique de l'érotisme à l'italienne.

Bach Films propose les deux films en version intégrale sous-titrée, la VF de Orgasmo nero (qui fut diffusé sur M6 dans les programmes du dimanche soir sous le titre Les plaisirs d'Hélène) étant semble-t-il irrémédiablement perdue. Saluons l'heureuse initiative de l'éditeur, qui sort sous peu deux autres perles de D'Amato, Porno Holocaust et surtout Caligula la véritable histoire, que l'on attend en piaffant d'impatience.

Sébastien

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