Hommage à Chantal Akerman à la Cinémathèque

To live (here) or not,
and if not, to leave (from here)

 

Drames de la folie solitaire, comédies, journaux filmés, films documentaires, il semblerait bien à voir ou revoir quelques films de Chantal Akerman qu'habiter fût son beau souci. Peut-être le souci qui a fini par l'habiter elle-même trop douloureusement et qui a décidé de l'emporter avec elle dans un exil particulier. Ainsi donc nous ne verrons plus de nouveaux films de la petite fille juive de Bruxelles, aux joues boulottes et aux yeux ciel, qui ne faisait que manger dans ses premiers films, peut-être pour se donner des forces, en tout cas une forme minimum.
Une forme minimum qu'elle a trouvée au moins une fois de façon tellement limpide, diamantine, qu'on se demande un peu aujourd'hui qui en fut le plus bouleversé.

 

Oui, Jeanne, disait-il, est un des ces rares films qui peut changer votre vie, celle du spectateur, d'un cinéaste et donc de l'auteure elle-même. Avec le risque de nous mettre tous dans le deuil. Là encore, nous ne quittons pas la question d'habiter.Après que notre espèce s'est rétrécie au beau milieu de la nuit du siècle dernier, a rétréci son souffle jusqu'à suffoquer sous l'effet du pire des cauchemars, ce serait donc au cinéma de retrouver un espace et un temps vivable ?Au cinéma de prendre ce cauchemar en charge pour que la vie réelle en soit lestée ?Je crains, pour ma part, qu'elle ait senti le monde s'endormir de nouveau et, sur le ventre de ce sommeil, plein de bonnes intentions, des noirceurs tout aussi insupportables...

Johann Marckx

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