Cycle Fassbinder à la Cinémathèque de Toulouse

5 portraits de hautes solitudes (parmi 21 films projetés).  Le cinéma à l'essentiel : celui de l'empathie pour un être, aussi étrange soit-il, et le plus étrange possible sera le mieux.


Le Marchand Des Quatre Saisons (Händler der vier Jahreszeiten) 1971 : 
Deux yeux d'où coulent des larmes, une fenêtre par où s'échappe une âme. Portrait d'un anti-arriviste sur fond de déploration.

 

Les Larmes Amères De Petra Von Kant (Die bittere Tränen der Petra von Kant) 1972 : Opéra de chambre, le fier amour et ce sale amour propre : double douleur, figée dans le silence et perdue dans la logorrhée. Et si Marlene était cette Elvira/Erwin de L'Année Des Treize Lunes ? 

Tous Les Autres S'appellent Ali (Angst essen Seele auf) 1974 : 
L'amour souffle où il veut et quand il pleut, Munich, Marrakech. Deux solitudes, fugue avec contresujet en mouvement inverse du sujet puis repris en mouvement droit à la strette finale. Tous les Je ne reconnaissent pas leur Autre.

Je Veux Seulement Que Vous M'aimiez (Ich will doch nur, daß ihr mich liebt) 1976 : 
Concerto inégal pour un ouvrier au bouquet de fleurs et un orchestre mécanique de brique et de béton, le film étant pris au moment de la cadence (infernale) : usure du crédit et usure du corps.

L'Année Des Treize Lunes (In einem Jahr mit 13 Monden) 1978 : 
Ni homme, ni femme, ni transsexuel. À la marge des marginaux, portrait d'un moins que rien. Symphonie bestiale, Vertigo avec un peu du Sang des Bêtes.

Johan Marckx

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