Maurice G. Dantec

Maurice G. Dantec est mort le 25 juin 2016, d'un arrêt cardiaque à l'age de 57 ans. Artiste prolifique, romancier, chroniqueur, musicien et polémiste, il aura été une des figures les plus passionnantes autant que controversées de ces dernières décennies. Un coup de projecteur s'impose sur une vie riche en anecdotes et en rebondissements.

Né le 13 juin 1959 à Grenoble, fils de parents communistes, Dantec grandit dans la banlieue rouge de Ivry-sur-Seine, en pur adolescent des années 70, fan de Bowie, Blue oyster cult et des Stooges. Activiste du milieu punk parisien, il se destine au départ à la musique, officiant aux claviers dans le groupe État d'urgence, dont l'ambition est de mélanger guitares saturées et synthétiseurs analogiques, dans la lignée de Métal Urbain, avec des titres comme RAF propaganda, Brigade interférences et Massacre à l'électrode et même un court métrage expérimental, Crash (1977) réalisé par Riton V. Mais l'incursion de ces enfants de prolos dans le show-business est difficile, le groupe se renommant Artefact dans une nouvelle approche commerciale qui ne convainc pas vraiment (il faut dire que L'internationale reprise en version disco, c'était... euh...) et le groupe se dissout après un unique album, Agit pop (1980), et un concert catastrophique en première partie de Simple Minds. Dantec, fauché, se retrouve dans un autre milieu, là aussi typique des eighties en plein essor, celui du télé marketing. Une période sombre, végétative, mais au cours de laquelle il met à profit les cours d'écriture qu'il prit au lycée auprès de Jean-Bernard Pouy, créateur de la série Le Poulpe. Fils d'une tradition du roman noir incarnée par Jean-Patrick Manchette, lecteur de Céline, Dostoïevski et Dashiell Hammett, Dantec est aussi l'héritier de tout un courant SF anglo-saxon, Philip K. Dick, J.G. Ballard, William Burroughs en tête. A cette époque, il rêve d'une littérature mutante, qui opérerait la fusion de ces deux tendances à priori opposées, avec d'un côte la retranscription réaliste, journalistique de la part sombre du réel, de l'autre les projections tous azimuts dans les perspectives scientifiques et métaphysiques des nouvelles technologies.

La suite est bien connue. Dantec débarque un jour à la Série Noire avec un imposant manuscrit, « un truc impubliable » selon ses propres termes, que Patrick Raynal refuse mais qui lui commande malgré tout un roman plus « noir », plus conforme à l'image de la maison. Le résultat, c'est La sirène rouge (1991) le plus gros volume jamais publié dans la collection, et pourtant un livre d'une densité hors-norme dont le sujet, une mafia internationale faisant un trafic de cassettes vidéos de snuff movies, va marquer les esprits et restera un élément récurrent de son œuvre. La France se découvre une sorte de James Ellroy national, un type capable d'écrire un authentique « page turner » à l'américaine tout en imposant un ton et surtout une modernité sans précédent.

Mais cela n'est encore rien en comparaison de l'authentique séisme que déclencha en 1995 Les racines du mal, qui stupéfiât un lectorat exigeant qui pensait jusque-là avoir tout vu. Emprisonné pour une série de meurtres abominables, le schizophrène Andreas Schalzman hurle depuis le fond de sa cellule. Seul un enquêteur spécialiste en cybernétique entend et surtout comprend son appel, qui le met sur la trace d'un groupe de criminels dont la police et les politiques ignorent l'existence, mais qui projettent rien de moins que l'imminence d'un nouveau génocide. Avec cet énorme pavé d'une violence extrême, Dantec crée presque à lui seul un genre nouveau, au croisement de Stéphane Bourgoin et de William Gibson, une rupture radicale avec la tradition du polar social qui prévalait jusque-là et qu'on commence à qualifier de « techno-thriller », « cyberpunk » où « cyber-polar ». Le livre reçoit une pluie de louanges de la presse ainsi que deux prix littéraires. Dantec est devenu une star que tout le monde s'arrache. Un état de grâce qui n'aura hélas qu'un temps.

Les racines du mal, malgré son triomphe, marque déjà un point de rupture pour l'auteur, qui ne retrouvera jamais par la suite cette symbiose miraculeuse entre lui et son public. Car le livre, pour qui sait lire entre les lignes, porte en lui la marque d'une fêlure, d'un malaise existentiel, d'une névrose. Jamais jusque-là on n'avait vu un écrivain aborder un thème comme le darwinisme social, la prédation humaine avec un tel niveau d'angoisse, jamais surtout on ne l'avait senti y CROIRE à ce point-là. Peut-être parce que Dantec a, depuis sa jeunesse, subi une expérience réelle de la violence, et que ça change tout. C'est aussi à cette époque qu'il s'immerge complètement dans la culture « nerd », fréquentant les raves parties et s'entourant de concepteurs de jeux vidéos et d'intelligences artificielles, qui vont avoir sur lui une influence décisive.

Signe révélateur, Babylon babies (1999) rompt les amarres avec le polar pour plonger corps et âme dans la SF. Dans un futur ultra-technologique ravagé par le terrorisme, les guerres et les catastrophes de grande ampleur, un ancien barbouze, Toorop (qui était déjà le héros de La sirène rouge, premier personnage récurrent d'une œuvre de plus en plus conçue comme un réseau informatique), est chargé de protéger une jeune femme porteuse d'une nouvelle forme d'humanité, désormais connectée aux machines. Roman-monde, Babylon babies est, dans tous les sens du terme, la véritable « matrice » de la bibliographie de Dantec, un pur bouquin conceptuel dont tous ceux qui le suivront ne seront que des imitations plus ou moins réussies, et dans lequel il donne toute sa programmatique présente et future : l'ordinateur est la prochaine étape de l'homme dans un univers où se joue une apocalypse biblique annonçant une nouvelle résurrection. Nietzsche et le Christ, Stephen Hawking et Villiers de Lisle-Adam pour son Ève future, cybernétique et schizophrénie, mystique juive et catholique, tout se fond dans une une même vision (incohérente disent certains...), un discours prophétique que Dantec n'en finira plus dès lors d'affirmer à mesure que l'enjeu fictionnel de ses écrits va devenir de plus en plus secondaire.

Mais Dantec a déjà d'autres problèmes à affronter, bien au-delà du strict champ littéraire. Car l'année 2000 vient de voir la publication du premier tome d'une autre partie de son œuvre, un journal fleuve intitulé Le théâtre des opérations, journal métaphysique et polémique (suivi du second volume, Laboratoire des catastrophes générales, en 2001 et de American black box en 2007, longtemps censuré et qu' Albin Michel acceptera finalement de sortir en version intégrale) livrant ses réflexions sur ses sujets de prédilection mais surtout sur la situation géopolitique globale. Et là, les médias commencent à grincer des dents. Car Dantec y affirme des pensées politiques pas vraiment en phase avec celles de la gauche culturelle en place. Ses prises de position anti-islam et anti-européennes, sa critique virulente de la délinquance dans les banlieues, son adhésion sans réserve à l'idéologie néo-conservatrice, de même que son soutien à la stratégie américaine en général et à George W. Bush en particulier, coïncidant avec son propre exil au Québec suivi de sa naturalisation canadienne (« Pourquoi je quitte la France ? Parce que je refuse de voir ma fille grandir au milieu des bêtes sauvages ! ») font mauvais genre au pays des bobos. Au même moment, on va monter en épingle une brève correspondance, pourtant bien insignifiante, qu'il entretient en janvier 2004 avec le groupuscule d'extrême-droite Bloc Identitaire, au point que « l'affaire » en vient à occulter tout autre commentaire à son sujet. Du jour au lendemain, il est devenu la bête noire de ceux-là même qui l'encensaient la veille. Attaqué de tous bords, il réagit par la surenchère, durcissant son discours jusqu'à un niveau de violence frôlant la caricature, dont l'apogée reste une interview proprement démentielle qu'il donna sur la webradio canadienne Radio Rockik le 22 mars 2006, qui lui valut en retour une avalanche d'insultes et de menaces. La télévision française lui fait également passer un sale quart d'heure, notamment le 4 septembre 2005, lorsque Thierry Ardisson lui tend un piège dans le seul but de l'humilier, le confrontant à un « invité surprise » qui retourne le public contre lui, le faisant passer pour un guignol avec une insupportable démagogie. Dans les journaux, sur les réseaux sociaux, on le traîne dans la boue sur son apparence physique, sur sa tenue vestimentaire, sur ses prétendus problèmes sexuels, chacun s'improvisant psychanalyste de bazar. Bref, il en prend plein la gueule, au propre comme au figuré. Plus grave encore, Gallimard commence à le lâcher, annonçant le début d'une relation de plus en plus chaotique avec le monde de l'édition. Reste que tous ces débats absurdes ont fait passer tout le monde à côté de l'essentiel : Le théâtre des opérations contient, à côté de scories, des pages d'une beauté telle qu'elles placent Dantec au niveau des plus grands écrivains actuels, surtout dans ces moments où il abandonne pour un instant sa posture belliciste pour livrer des lignes d'une humanité poignante, d'une concision qui, noyée dans la masse de ses théories, prend un relief qui a quelque chose de bouleversant. Bon nombre de ses essais polémiques demeurent toujours pertinents, notamment lorsqu'il dénonce la « contre-culture » de masse contemporaine, les faux rebelles médiatiques du rap, de l'art « provocateur » et du cinéma d'auteur pseudo-porno financé par l'état, des animateurs télés, des chanteurs soi-disant engagés et des amuseurs publics, autant de serviteurs d'une pensée unique qui depuis les années 70 a pris les atours du libertarisme pour imposer une nouvelle forme d'oppression. Alors bien sûr, Dantec en fait parfois des tonnes et on n'est pas obligé de le suivre quand il se lance dans des trucs comme son « christianisme sioniste » et autres concepts fumeux. Et puis, il y a quand même cette réalité peu agréable qu'on est bien forcé d'admettre rétrospectivement : en 2000, quand Dantec annonçait pour les années à venir des attentats terroristes de masse et l'avènement d'une guerre civile en France, tous les bien-pensants ricanaient grassement, le traitaient de dingue, de paranoïaque, de fasciste et d'adolescent attardé ; en 2016, pourraient-ils décemment dire la même chose ?

C'est dans ce contexte troublé que sort Villa vortex (2003) dernier roman de Dantec à sortir chez Gallimard. Les critiques sont globalement négatives, déconcertées à la découverte d'un ouvrage d'une taille gigantesque qui s'achève par une série de chapitres représentant sans doute l'une des choses les plus chaotiques et déréglées de toute l'histoire de la littérature, et que beaucoup de lecteurs, même fans de la première heure, n'ont pas pu suivre jusqu'au bout. Il n'en demeure pas moins que, pour nous, Villa vortex est LE chef-d'œuvre de Dantec, pas son livre le plus populaire ni son plus équilibré, ni même le mieux écrit, mais juste son meilleur, son plus radical, celui dans lequel il a sublimé son monde intérieur pour fabriquer un authentique objet d'art. Plus qu'un livre de genre, une authentique expérience.

Au début des années 90, un tueur en série abandonne aux abords des centrales électriques de France plusieurs cadavres martyrisés, à l'intérieur desquels il a implanté toutes sortes de composantes électroniques. Un flic aux méthodes extrêmes se lance dans une poursuite sans merci au cours de laquelle il va perdre tous ses repères jusqu'à rentrer dans un monde métaphysique apocalyptique où mort et vie s'entremêlent. Polar mystique, roman d'horreur d'un genre nouveau, synthèse terminale de tout un pan de la pop culture (avec notamment des références musicales allant de Kraftwerk au Diamond dogs de David Bowie), Villa vortex est surtout un véritable requiem pour la fin du 20ème siècle, un bouquin d'une noirceur infinie venu d'un enfant du baby-boom et de la Génération X qui assiste à l'effondrement des utopies, des systèmes et de la civilisation, et qui fait brûler sa rage et son désespoir dans une orgie nihiliste de flammes et de sang. Avec son narrateur qui, dès les premières pages, nous parle depuis la mort, Dantec nous annonce la couleur : le troisième millénaire sera celui des morts-vivants, lecteurs et auteurs, tous piégés dans ce monde infernal où nous croyons exister, où nous croyons vivre mais où nous ne sommes rien d'autres que des cadavres latents.

La carrière de Dantec aurait pu, objectivement, s'arrêter avec Villa vortex (qui coïncide avec la sortie du très bon recueil de nouvelles Périphériques), et nous étions plusieurs à l'époque à penser qu'il ne pouvait pas aller plus loin, qu'il avait déjà tout dit, fait le tour de la question. Et, de fait, la suite va malheureusement confirmer cette appréhension. Cosmos incorporated (2005) et Grande jonction (2006) reprennent les choses là où Babylon babies les avaient laissées, s'inscrivant à nouveau dans une SF grandiloquente, parfois fascinante, parfois terriblement ennuyeuse. Les bouquins de Dantec accusent désormais les écarts déjà présents autrefois, entre d'un côté des pages brillantes, véritablement inspirées et d'autres carrément pénibles, où l'auteur se perd dans une logorrhée interminable où transparaissent des symptômes récurrents de plus en plus visibles (délires mystiques, lourdeurs, confusion et contradictions idéologiques, transcriptions pures et simples d'états seconds, lui-même n'ayant jamais fait mystère de sa consommation frénétique de drogues hallucinogènes). Pour être honnête, c'est à ce moment que nous-mêmes avons commencé à décrocher, son côté polar nous ayant toujours paru plus intéressant que celui « space opera » et ses théories sur les « super-ordinateurs-cyborg-bioniques-méta-cortex » nous ayant toujours un peu broutés les nougats. Quoi qu'il en soit, le public ne suit plus et les ventes s'effondrent.

Comme un malheur n'arrive jamais seul, une autre calamité s'abat sur le pauvre Dantec : le cinéma. On connait aujourd'hui dans le détail, par le biais d'une savoureuse lettre d'insultes qu'il adressa à un producteur français, le « development hell » que constitua l'adaptation avortée des Racines du mal, dont on est, avec le recul, fort soulagés qu'elle ne fût jamais tournée. Mais le pire est encore à venir. Si tout le monde ou presque a déjà oublié le tout pourri La sirène rouge (2002) du tâcheron Olivier Megaton, avec Jean-Marc Barr et Asia Argento, il est en revanche douloureusement impossible d'effacer de nos mémoires cette abomination, cette infamie, ce concentré de connerie sur pellicule que fut Babylon A.D., adaptation de Babylon babies. Peu avant la sortie, dans une interview sur Mad movies stupéfiante de bêtise et de vulgarité, le réalisateur pré-pubère Matthieu Kassovitz, qui ferait passer Jerry Bruckheimer pour un philanthrope et Michael Bay pour un poète, exposait modestement sa haute vision de l'art : « Qu'on vienne pas me casser les couilles à m'expliquer comment faire du cinéma ! Un film avec autant de pognon, on peut pas le rater ! » avant de rajouter prudemment « Euh, enfin si, si on est mauvais... ». C'est toi qui l'as dit, Matthieu. Allez, va couper ton shit...

Pour Dantec, une autre déconvenue commence alors qu'il croit trouver un second souffle au sein de la maison d'édition Ring. Sur les conseils de son agent David Kersan, il signe en 2011 un contrat dont les conséquences vont s'avérer désastreuses. La sortie en aout 2012 de Satellite sisters, suite de Babylon babies censée relancer sa carrière après un passage à vide, tourne à un règlement de comptes d'une rare violence. Pour des raisons assez obscures, Dantec intente un procès à ses anciens collaborateurs, qu'il accuse de lui avoir fait signer le contrat en situation d'abus de faiblesse,  et tente d'interrompre la publication de son propre livre. Finalement débouté, il est condamné à 1500 euros d'amende, après une nouvelle campagne de dénigrement médiatique à son encontre. Les temps sont durs. Satellite sisters se vend à seulement 3000 exemplaires, soit dix fois moins que Les racines du mal.

Depuis ce funeste épisode, Dantec avait plus ou moins disparu des écrans radars. Fragilisé par des problèmes de santé, dus en partie à ses excès passés, fatigué aussi sans doute des polémiques à répétition, il avait donné dans ses dernières apparitions publiques l'image d'un homme physiquement affaibli, désabusé mais toujours confiant dans sa foi catholique, évoquant sa proximité avec la mort avec une sorte de calme nouveau.

C'est ainsi qu'en 2015 est arrivé l'événement que l'on n'espérait plus : un nouveau roman pour un nouvelle maison, Inculte, clamant avec enthousiasme « le grand retour de Dantec au roman noir ». Roulez les tambours, sonnez les trompettes. L'auteur star de La sirène rouge et des Racines du mal revenait enfin aux affaires et allait casser la baraque. C'était donc la bave aux lèvres que nous nous sommes jetés sur les premiers exemplaires de ces Résidents qui s'annonçaient comme une rédemption tardive, le baroud d'honneur d'un écrivain qu'on espérait enfin revenir à une intrigue plus terrestre. Même l'éditeur semblait y croire.

Peine perdue. Les résidents, dernier roman de Maurice G. Dantec, est un échec, un faux « nouveau départ » où l'auteur, passée une première partie prometteuse (et pour le coup, vraiment polar), retombe à pieds joints dans ses travers passés. Trois personnages au passé traumatique se retrouvent dans un centre tenu par des scientifiques dont le projet est de commettre un attentat politique censé plonger le monde dans le chaos. Un pitch pas inintéressant, qui dans le meilleur des cas aurait pu donner un bon bouquin de 300 pages. Pas de bol, Dantec, une fois de plus, en a rempli le double, surchargées de théories mystico-scientifiques épuisantes et dont la fin est purement et simplement incompréhensible. Le rendez-vous tant attendu ne s'est pas produit.

Il y a toujours quelque chose de triste à quitter un artiste qu'on a aimé sur une déception. Si décrié de son vivant, Dantec, n'a depuis sa mort suscité dans les médias que des commentaires un peu hypocrites, un peu gênés, le plus souvent pour rappeler ses « dérives » et sous-entendant parfois que sa littérature laisserait peu de traces. Grave erreur que d'assimiler ses ventes en chute libre avec une prétendue vacuité du fond. Car malgré ses outrances, Dantec a touché à quelque chose d'essentiel, de fondamental, que peu de gens ont compris mais que d'autres artistes eux-mêmes, pas forcément réduits au seul champ de l'écriture, commencent à peine à assimiler et à suivre. Plus que ses propres collaborations musicales avec Heldon et No one is innocent, qui nous paraissent relativement anecdotiques, c'est sa présence constante dans toute une certaine culture gothique qui nous paraît le vrai marqueur de son empreinte dans cet underground dont il était issu et qui l'a toujours perçu comme une sorte de père spirituel, bien plus que le public mainstream. Le groupe cold wave Villa Vortex lui rend un hommage explicite. Sébastien Raizer, fondateur de la maison d'éditions Camion blanc, s'est lancé dans une carrière de romancier qui suit ouvertement ses traces. Mais plus encore, c'est à la pérennité de ses intuitions que nous croyons. Peu importe ses digressions ou ses erreurs possibles, Dantec nous a DIT quelque chose sur la catastrophe qui nous entoure, faisant de son apocalypse intime une gigantesque miroir où nous pouvons voir le reflet de notre propre holocauste. Il nous lègue aujourd'hui une cartographie du désastre mondial environnant, un état des lieux de la ruine du 21ème siècle. Beaucoup de ses romans ne sont pas des chefs-d'œuvres, mais ils sont mieux que ça. Ils sont des guides de survie en territoire hostile. Quand au reste, que peut-on rajouter, si ce n'est dire que, au fond, il nous a bien fait marrer.

« Les morts sont terriblement vivants, et ils nous manquent. Les vivants paraissent définitivement morts, et ils nous accablent ».
(Laboratoire des catastrophes générales)

Sébastien

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