Red Dead Redemption 2

L'idée était simple. Et pourtant bandante. Réitérer l'exploit. De toute façon Rockstar n'avait jamais raté son envoi (et il avait toujours touché, pour les fans de littérature.).  Pourtant le concept de base était gargantuesque. Intégrer le Far West en mode GTA avec les moyens du moment, après la réussite vidéaste qu'était GTA V, un suicide programmé. C'était sans compter sur les fans, et sur l'équipe, démesurée au demeurant, les moyens à l'appui, le temps plus que large, on est d'accord.
Créer le meilleur jeu de tous les temps avec les accords consoles, la limite technique en prime. PS4, XBOX, PS4 pro, votre serviteur aura testé la version PS4 pro avec beaucoup d'émerveillement. Vous pourrez lire cet article sans avoir joué au jeu et sans impacter votre expérience au niveau de l'histoire.

Une Vision.

Le jeu est d'abord beau. On s'étonne de tout. Je suis habituellement un joueur PC avec une configuration potable, voire bonne. Red dead (RD2 pour la suite) est beau, magnifique. Vous l'aurez lu partout. On traverse l’Amérique sous toutes ses formes niveau géographique, on s'émerveille sur à peu près tout. Un lac, une plaine, une colline, une montagne enneigée, un canyon, les Etats-Unis sont variés. Et on voyage. Je n'ai jamais autant tourné ma caméra. Je ne me suis jamais autant arrêté à ne rien faire, aux alentours d'une clairière, les décors poutrent. Plus on avance, plus on décolle.
Un passage cubain sur l'île de Guarm, une épopée industrielle à St Denis, avec des chaudrons du futur, le Far-West est bel et bien révolu, l'ère moderne est là. Tout est sublimé visuellement. On vous a parlé des couilles de chevaux qui rapetissent avec le froid, des traces de pas dans la neige, des gouttes d' eau quand il pleut, de la terre qui s'emballe sur des terrains secs, on aura jamais vu ça, et c'est vrai.

Une Histoire.

Pour ceux qui comptent se la jouer roleplay, sautez ce paragraphe, il y aura du spoil, probablement. L'histoire de RD2 est incompréhensible, humainement, et pourtant si simple. Un groupe de hors la loi, mené par un fils de pute, fuyant la loi de Blackwater (les fans de Westworld auront la trique), font leur route au sud pour fuir les autorités locales et pour suivre un rêve : disparaître avec une réserve d'argent pour partir vers les nouvelles îles comme Tahiti. Vous incarnez un de ces hors la loi, repoussé par son ex de bonne famille qui a rejoint la bonne route, Arthur Morgan.
Un chouette mec ou un enculé notoire selon votre choix.

Une destinée

Et oui, vous en ferez ce que vous voudrez d'Arthur. Jouer au jeu et faire les missions, rapido en mode apoplexie gamer. Un anti-héros, un hors la loi sanguinaire et brutal. Vous pourrez le raser, le faire jouer au poker, aux dominos, aux couteaux, au black jack (pas de tarot ? L'IA est vraiment un peu conne ? ). Incarnez le et faites le choisir sa destinée, sans charisme au début en acquiesçant à tous les choix de son chef Dutch, et plus tard les questions se poseront à vous, à force d'avoir baragouiné dans votre carnet et à force de vous être interrogé sur votre destinée (l'homme largué, une plaie pour ses pairs), vous déciderez peut-être d'être bon.
Car c'est toute la joie de RD2. Vous croisez des gens, des événements random, un peu à la Witcher et vous décidez de ce que vous en faites, votre karma aidant ou non. Une femme bloquée par son cheval blessé, deux truands dévalisant un honnête homme, un aveugle faisant l'aumône, un shérif placardant ses avis de recherche. Soyez qui vous voulez être. La récompense ? De l'or en dehors des sentiers boisés de l'histoire, du karma aussi , sorte de jauge incongrue vous permettant de décider de la vie d'un homme ou d'une femme. RD2 vous laisse choisir qui vous voulez être. Entre salaud tueur de mari fermier et d'enfants, braqueur de mec random qui se balade avec ses peaux de gibiers de ville en ville, gredin agresseur de banque ou de diligence, ou encore notable gentleman qui escorte les demoiselles en perdition. Du karma, et des rencontres, au cours d'une histoire. A vous d'en décider.

Un monde

Oui, la carte est immense. Aidé par les trajets souvent interminables, je l'entends. On se balade à cheval, le cheval se fatigue, on le nourrit, on le brosse, on achète des aliments, on le dresse, on en cherche de nouveaux, hostiles. RD2 possède des points de repère, à base de gares, de correspondances (oui l'amour épistolaire qui parle tant à notre génération tinder). On se balade à la recherche de missions mais les missions nous éclatent à la gueule partout. On rencontre aussi des cibles de chasse ou de pêche légendaires, nous donnant la possibilité de nous habiller ou de nous déshabiller (car le froid et le chaud importent, et oui). Traquer le gibier, ne pas l'effrayer, rechercher ses traces, cuisiner, améliorer ses objets, ce sont aussi des objectifs du jeu, qui vous prendront quantité de temps sans le voir passer, bien entendu.

Un Rythme

Cheveu sur la soupe, le jeu est immensément rythmé. RD2 est lent. Extrêmement lent comme les plus grands westerns, ou encore les bandes originales de Dead Man de Neil Young. Vous passerez de longues heures à errer, à choisir entre aider la veuve et l'orphelin, à ramasser votre chapeau après avoir pris une droite, à fouiller des tiroirs et à nourrir votre cheval après vous être fait attaquer par des animaux sauvages en route vers une nouvelle mission.

Conclusion
Doomsters, nous vous recommandons ce voyage, entre frustration, enchantement onirique, prouesse visuelle et scénario enchanteur. RD2 est à mes yeux un pont entre l'ancien et le nouveau jeu vidéo solo. Nous avons du beau, nous avons de l’ inégalable. Nous pouvons d'ores et déjà voyager sur console tant la prouesse est de rigueur. L'ancien est représenté. Choisissons une quête et concluons là. Rocktstar fait toujours le taff là-dessus. Vous aurez juste la possibilité de bifurquer cinq fois, un peu à la Witcher.
J'ai vraiment ressenti une inflexion dans le jeu vidéo. Tout ingurgiter, de manière parfois maladroite (trop de features parfois gauches au maniement, du genre ramasser 50 corps dans une mission qui se termine rapidement tout en relevant son chapeau et en continuant la fouille d'un camp), en le sublimant dans une beauté visuelle et scénaristique hors du commun. On se prend au jeu, on se prend à poser la manette (menotte normalement) pour apprécier les écarts/accords.
Il est peu probable qu'un jeu marque autant une génération avant la réalité virtuelle à mon humble avis. Tout a été repêché et redit. Et maintenant sublimé. Merci Rockstar.

Jeu : Red dead redemption 2
Editeur : Rockstar Games
Sortie en 2018
Support PS4 et XBOX

Bertrand

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