The oscillation - Monographic

The Oscillation - Monographic

Il y a quand même une question qui reste d'actualité en 2016 : comment peut on encore faire du rock ? Il me semble, en restant sincère avec vous chers lecteurs, que le genre est finalement arrivé à ses fins. Pas la peine de le recycler dans des séries pompeuses réalisées par Scorsese et Mick Jagger où des italiens bourrés de fric décident de se détruire les naseaux continuellement sur fond de New York Dolls. On en a assez bouffé, et on a assez épuisé TOUS les registres que la guitare et ses acolytes ont pu nous offrir. Le riff, la wawa, le motorik, la soul, les barrets métallisants, la flûte de pan sur fond de disto qui crache ses derniers instants de vie, le drone agonisant lui aussi sur des rythmiques désuètes. Fini. On arrête le rock, on range ses instruments et on sort sa Roland pour essayer de repousser les limites du son. Ou alors on prend un buvard.

Et on se souvient que l'on adore le rock.

On se souvient que l'on adore tout le rock. On se souvient que l'on a jamais autant dansé sur Neu ! Et sur Suicide qu'aucun autre groupe. On se souvient que l'on a jamais autant sué que sur les Stooges et sur les Meteors. On se souvient aussi que l'on a jamais autant décortiqué une escapade psyché que sur A saucerful of Secrets ou Meddle, à l'époque où les Pink Floyd faisaient encore de la musique avec autre chose qu'un studio d'enregistrement. On se souvient qu'Amon Düul était vraiment trop intellectuel pour nous. On se souvient que David Bowie nous emmenait réellement sur Mars. On se souvient des instants magiques de notre découverte de la machine dans la musique rock avec Let it be the end (cela dit meilleur morceau de néo psyché depuis très longtemps), comme si Cheree cheree I love you ouhh baby baby de Suicide nous effleurait encore les organes.

C'était une époque où aucun A place to Bury Strangers, Warlocks ou encore Anton Newcomb ne voulait absolument titiller une verve nostalgique chez nous. Une époque où aucun hispter à carreaux ne nous forçait à mettre du drone dans leur rock pour que ça sonne forcément plus novateur. Une époque où on cataloguait encore Tortoise dans le post rock et pas Explosions in the Sky. Une époque où on ne cataloguait pas Neurosis dans le post rock.

Alors forcément on se souvient que l'on aime le rock. Surtout quand il réveille toutes ces émotions en nous. On aime le rock quand la lysergie des vocaux n'a d'égal en énergie que les fûts qui cognent sur des envolées psychédéliques poignantes. On aime le rock quand il touche à ce qui se fait de mieux et qu'il se réclame cultivé simplement parce qu’il l'est. On aime le rock quand une escapade aiguë au milieu d'un riff nous fait couiner de l'intérieur. On aime le rock lorsque notre tête hoche aussi facilement que notre estomac vrombit. On aime le rock lorsque le seul mot garage indique que l'on a garé notre voiture au bon endroit.

On aime The Oscillation. On les aime parce qu’ils ont grandi au même son que nous, et qu'ils ont EUX su le digérer. On les en remercie.

Artiste : The Oscillation
Sortie : 2015
Genre : Post pré rock psyché

Bertrand

Twitter icon
Facebook icon
Google icon
Pinterest icon
Reddit icon