Live Report Idles au Connexion le 1er décembre 2018

"Et à la fin, c'est Sonic Youth qui gagne..."

Grâce au moustachu en T-Shirt qui se trouve derrière moi dans la file d'attente, j'apprends la grande nouvelle : "Toulouse-Dijon demain au stadium !", et comme lui, je prévois déjà la défaite de l'équipe locale. Le "football small talk" nous fait donc patienter jusqu'au premières vibrations sonores nées de la mise en place des cinq garçons de Bristol ; la Lazy City a donc donné naissance à cinq IDLES dont la nonchalance ne se trouve que dans le nom. Gros bras, épaisses moustaches, barbes, ou abondante chevelure, bref il y a du poil sur la scène ; on s'attend à un "hairy set", et, en partie, cette attente ne sera pas déçue...
Le groupe offre cependant un début prometteur de sobriété ; dans une légère dissonance, la voix charmeuse et sombre égratigne une boucle de basse dronoïde : Joe Talbot, vêtu avec élégance d'une chemise noire à fleurs rouges, envoie une sophistication à la Fat White Family . 
L' énergie punk est là mais souffre d'une virtuosité limitative ; construction au cordeau des chansons dans un format ultra lisible ; utilisation rythmique de la guitare, batterie proche d'une équation math rock ... j'avoue que j'ai senti un moment au creux au milieu du set. On ne pourrait mieux dire que Joe Talbot, chanteur et porte-parole à la vivacité intellectuelle certaine : "We're not a post punk band. I guess we have that motorik, engine-like drive in the rhythm section that some post punk bands have but we have plenty of songs that aren't like that at all." 
La testostérone enragée et les vérités assénées rappellent évidemment l' engagement politique glamoureux, la tradition anglaise de la prise de position sociale, de la critique du pouvoir politique tendance Bristol lazy city cependant – IDLES éructe assez loin de Manchester ou de Liverpool. A la pointe du progrès social, Joe lance un salut aux Yellow Vests, mais, personnellement, il me manque la déchirure qui donne au punk son ambiance barbelée sans laquelle il ne signifie rien.
La fin du set remue néanmoins la foule de manière indéniablement puissante et agréable ; une à une, guitare et basses posées devant les amplis crachent un mur de son dans une lignée bruitiste très sonicyouthienne. Et c'est chouette...

Anna

GROUPE : IDLES en plein air
SONG : (mais y'en a plein d'autres qui sont bien...) : Danny Nedelko   poumons lourds 

Merci à Franck Alix pour ses photos. Pour en voir plus, fonce sur son site : http://www.franckalix.com/idles/

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