Warcraft : le commencement

Le retour de la vengeance de la lutte entre le bien et le mal version jeux vidéo à succès.

Ce mois de mai a vu apparaître au cinéma un évènement de taille pour les amateurs de jeux vidéos de tous poils.
Warcraft, licence légendaire du studio Blizzard, a envahi les écrans à coups d'orcs et d'humains. C'est une petite curiosité, non pas dans le sens où il s'agit d'une adaptation de jeux vidéo au cinéma (on en a vu d'autres) mais parce que c'est une des premières aventures officielles de l'entreprise Blizzard dans le milieu du cinéma et une première d'avoir un studio de jeux vidéo aux manettes, qui chapeaute l'ensemble jusqu'à en faire l'entière promotion, une spécialité pour laquelle ils sont très doués, il faut bien l'avouer.

Blizzard a acquis une renommée certaine au fil du temps par la qualité de ses productions vidéoludiques mais aussi grâce au succès d'estime de leurs cinématiques très travaillées. En ce sens, la scène introductive du jeu World of Warcraft (quatrième jeu de la collection) proposait déjà tous les ingrédients cinématographiques nécessaires à la réalisation d'un film d'heroic fantasy épique et percutant.

C'est Duncan Jones qui s'attaque donc à l'adaptation au cinéma du titre, réalisateur du très sympathique huis-clos de SF Moon et, accessoirement, fils de David Bowie vient-on de m'informer.
Bref, ce nom peut faire plaisir à bord d'un projet d'adaptation de licence, le réalisateur pouvant peut-être manipuler le matériau tout en devant se plier aux contraintes de l'histoire.

J'ai personnellement eu la chance d'accompagner des fanatiques de World of Warcraft,  à la fois enragés du clic et pacifistes du clavier, pour profiter de cet évènement. Et au sortir de la séance, apparaît rapidement une chose : nous avons là un film principalement pour les fans.
Les néophytes y trouveront sans doute leur compte car l'amusement est au rendez-vous mais des personnages principaux jusqu'aux lieux et scènes, toute la machinerie représente des éléments-clés du jeu.
À l'image du jeu, d'ailleurs, le film joue la carte du divertissement et c'est cet univers avec son humour gentil et sa douce noirceur qui en fait un récit d'heroic fantasy somme toute assez basique et malheureusement manquant un peu d'implication et d'intensité lors de scènes charnières.
Le spectateur lambda se retrouve légèrement coincé entre une pellicule qui se trouve bien au-dessus d'un Donjons et Dragons mais bien en dessous d'un Seigneur des anneaux et si on retrouve un ignoble jeu d'acteurs proche du premier, on a droit à une scénographie plaisante dans l'esprit du second.

C'est bien sur le plan visuel que Warcraft tire son épingle du jeu avec une ingéniosité et une bizarrerie bien curieuses.
Si la partie faisant appel aux effets spéciaux pour la communauté orcs provoque un certain plaisir, on doit subir un décor en carton-pâte pour la partie réelle. On peut en critiquer l'aspect mais là encore, on peut y voir la filiation avec le jeu.
Reste que même les beaux effets étincelants (attention, c'est très coloré et flashy) et le matériel en polystyrène n'aident pas à soutenir la présence d'acteurs dont la moyenne d'âge peine à dépasser la quarantaine* et qui proposent des prestations pas toujours très convaincantes, tout comme une construction scénaristique qui, si elle rend hommage au jeu (bis repetita), est à la fois inutile et brouillonne, avec des allers-retours qui ne peuvent fonctionner que très difficilement au cinéma (en résumé pour les aficionados : ça use à foison de Town Portal).

Bref, en tant que film, Warcraft est un récit d'heroic fantasy très basique servi par un jeu d'acteur bancal et certains effets spéciaux du même tonneau. Il est aussi bien faiblard sur son architecture et il frôle également la niaiserie fatigante... Malgré tout, cela fait aussi de lui un film d'une honnêteté désarmante, un spectacle abordable par toute la famille, gentiment rentre-dedans et souvent amusant.
Mais, avant tout chose, c'est un film pour satisfaire les adorateurs de la première heure, les fidèles du divertissement warcraftien et, qui sait, il collectera peut-être de nouveaux adeptes...

Au fait, pourquoi Warcraft : le commencement dans la langue de Kev Adams ? Et bien parce que ce film n'est que le premier volet de ce qui s'apprête à être une nouvelle longue saga d'heroic fantasy, une sorte de tutoriel cinématographique en quelque sorte.

*Ceci n'est pas un jugement de valeur ou du racisme anti-vieux, c'est simplement que les protagonistes censés être âgés sont jeunes ou maquillés en vieillards.

Yoann

Titre : Warcraft
Réalisateur : Duncan Jones
Castingue : Travis Fimmel, Toby Kebell, Paula Patton, bien d'autres, plein d'humains, pleins d'orcs, quelques nains et un griffon.
Durée : 2h30 de gros marteaux dans les dents.
Genre : Heroic fantasy avec des gros marteaux en CGI, des épées en mousse et un sérieux problème de dentition.
Fiche Imdb

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