La Dévorée

Le spectacle La dévorée se déploie entre poésie bachique et arène émotionnelle. Il s'ouvre sur une scène qui fait appel tant aux tragédies antiques qu'à un tableau de Gustav Klimt. Trois femmes vêtues de robes en lamé, représentantes des Amazones, prennent place dans un ballet sensuel et acrobatique qui se transforme peu à peu en corrida. S'y invite Achille, qui tombe amoureux de Penthésilée, reine des Amazones. Un monsieur Loyal réinventé en dandy de cabaret s'amuse à arbitrer ce jeu de l'intime dévoilé qu'est le théâtre de nos sentiments.
Circassiennes et circassiens au trapèze et sur le fil, virevoltent dans l'air et s'invitent au plus près des spectateurs, abolissant la distance entre les corps. Mise en danger et mise en tension, les mouvements des acrobates répondent aux assauts des passions. Investie et vécue comme une danse charnelle, La Dévorée dégrafe les contours de la féminité. Elle soulève les questions de l'attachement, du désir, de l'Intime, de la part de sauvagerie et d'humiliation, tiraillée entre la résistance et l'abandon. 
Le lieu du combat, matérialisé par un matelas amortissant la chute de tout corps, prend une place symbolique au milieu de cette orgie effleurée, où se mêlent déesses en tutus maculés de sang et corsetées, caniche, trio de barzoïs immaculés évoluant sous une pluie de paillettes. La peinture organique de Francis Bacon et les corps sensuels du Caravage teintent les personnages dans la dernière partie, ensanglantée et magique.
 
La compagnie Rasposo, fondée par Fanny et Joseph Molliens, questionne les relations théâtre-cirque depuis sa création en 1987. Leur fille Marie Molliens a écrit et mis en scène ce spectacle de La Dévorée revendiquant la création de spectacle de cirque sous chapiteau.
 
La Dévorée, présenté à La Grainerie, à Balma, jusqu'au 21 mars.
 

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