Kuso de Flying Lotus

Don't be afraid of feces... : géométrie variable

Kuso repose sur une base carrée : quatre narrations pour nous plonger dans le cauchemar d'un Los-Angeles post-apo. Le grand tremblement de terre qu'on attend tous depuis trop longtemps a enfin eu lieu, et Flying Lotus est là pour documenter ce qu'il advient de l'humanité. 
Pustules, sécrétions visqueuses, mutations en tous genres orchestrent un délire visuel à quatre temps : dans une campagne très southern gothic, un petit garçon mal-aimé fait ami-ami avec une créature coprophage ; un frère et une soeur peuplent leur appartement-dépotoir d'un inceste sur fond de berceuse et de furoncle ; dans la "coat-hanger clinic" le docteur George Clinton (si, si ...) pratique avortements et thérapies diverses avec l'aide d'un insecte douilletement logé dans son intestin ; rampant au fond d'un tunnel exigu, une mère courage aux dents acérées mange du béton et tente de sauver son bébé. Le tout encadré par une performance musicale irrésistible et par un journal télévisé presque aussi trash que ceux de BFM.


La bande son parfaite , l'invention visuelle démente, le refus de toute limite laminent les résistances du bon goût, hurlent leurs insultes directement à notre inconscient et chatouillent notre cerveau reptilien de bruits de succion et de visqueuses caresses. On aime cette humanité métaphorique, ces dégénérés sont nos frères, et, vraiment, on rêve de partager son canapé avec des méchantes peluches tri-dimensionnelles qui jettent de la merde sur les gens avec une haine contagieuse. C'est quand même plus tentant que de partager un fauteuil Ikéa avec un type en costar, non? Et tant pis pour Cannes...

Anna

Film : Kuso
Réalisateur : Steven Ellison (Flying Lotus)
Année : 2017
Genre : Comédie horrifique scatophile de très bon goût

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