Festival Mise Au Point

De retour des halles de la Cartoucherie, SuperFlux t'emmène à la découverte d'un festival photographie coloré et déjanté, et d'un lieu dont chaque recoin te raconte des histoires.

A l'origine, le MAP (Mise Au Point) est monté par une équipe de passionnés de photographie qui souhaite démocratiser les expo photo à un large public, mélangeant artistes affirmés et talents en devenir. En plus d'un voyage dans chacun des univers des photographes. il met en place des lieux de partage et informe sur les droits d'auteur et métiers lié à la photographie.

Cette année, le MAP a choisi un comme lieu de villégiature les halles de la Cartoucherie. Avec son allure de bâtisse abandonnée, c'est comme une enfant qui découvre une nouvelle cachette que je pénètre dans cet immense hangar vide à l'écho imposant. Avant de découvrir l'expo, je pars à la conquete du lieu : les murs ne sont pas blancs ou briques, mais habillés de nombreux graffitis et collages. Je constate donc un vrai lieu d'expression libre avant même d'avoir posé les yeux sur l'exposition !

Pour adhérer à l'ambiance du lieu, les différentes expositions ont épousé les formes des halles de la Cartoucherie. Des photographies géantes accrochées au plafond, des photo qui grimpent sur les murs et qui serpentent dans les allées, une exposition déconseillée au moins de 18 ans relayée dans une pièce éxigue tout au fond. Beaucoup d'artistes aux approches différentes encore cette année, et quelques uns ont bien retenu mon attention !

« Quand ta mère va savoir ça » est une exposition signée Fred Kihn où il mélange photos de revolver à toutes les sauces (sauce césar, ketchup, shampoing) à des portraits de personnalités fantasques et SuperFluidesques comme Asia Argento ou Quentin Dupieux qui simulent la réception d'une balle en plein dans l'estomac... Ces photos crues aux couleurs vives proposent une vision des modèles un peu folle mais cadrée, et le rapprochement avec les armes faussement tâchées de sang ou autres fluides corporels ouvre délicieusement les horizons imaginaires du visiteur...

« Codex, Mexique (1986-2017 )» est l'exposition où Antoine d'Agata et Pakito Bolino unissent leur regard aiguisé à travers l'obsession d'un pays et l'envie d'en révéler des images instinctives et parfois brutales. On y retrouve alors des photos d'hommes et femmes souvent nus, parfois alcoolisés, mais surtout rougeâtres et au regard tranchant. Brisés ou provocateurs, les modèles touchent et choquent dans une esthétique sanglante.

« Amour et obsession en tout genre » est une exposition collective mise en place par l'école Agnès Varda de Bruxelles. Celle ci propose un mur féministe avec des culottes paraphées, des portraits de femme, des articles de journaux découpés et des cadres dorés ; comme proposant le résultat de recherche d'un jeune sur différents aspects du sujet. C'est marquant, renseigné, et ça donne envie de creuser ! On y retrouve également des photos de femmes maquillées à l'aide d'un boucher : pendant que certaines se voient emmitouflées de gras bovin, d'autres ont leur langue remplacée par une long bout de viande fraiche. Certains y verront la suite du mur de réflexion sur la condition de la femme quand d'autres y apprécieront l'image crue (comme la viande...) et l'alliage des viandes et fleurs comme ornements corporels.

On finit cette balade d'éléments choisis avec l'exposition « Rêves de banlieues» de Beth Yarnelle Edwards, qui capture des moments de vie figés en banlieue américaine. Au centre : l'enfant, la vieille femme, la jeune adulte, l'adolescent ; ils sont rêveurs, penseurs, leur environnement les définit en ce moment précis. Une gamine qui s'essaie au base-ball devant son garage, une femme peignant un modèle nu, une autre patientant seule dans la nuit. Intrusif mais pas juge, le visiteur se voit divulgué un autre monde : celui de l'autre, plus qu'un quotidien, un moment d'intimité.

Un beau moment de photographie, donc ! Je ne peux que te conseiller d'aller voir, comprendre, apprendre, profiter de ces expositions éclectiques regroupées au MAP dans les Halles de la Cartoucherie à Toulouse, du 4 au 20 mai 2018.

Lola

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