Sleep – The Science

Sachez que je suis un infiltré. Je n'ai aucune culture métal. Pour moi Dopesmoker c'est un rot. Pourtant, j'essaye. Aucun skill en science, aucun skill en musique mais je tryhard au vol.

Posons les bases, on parle probablement du meilleur groupe de tous les temps, celui qui catalyse le doom, le stoner, le riffing, l'ambiance posée t'as vu frère, la rythmique, la cassure, la lenteur et l'accélération, le point de rupture, l'orgasme en tempo, l'amour en musique. Un groupe culte, plus par les mots que par les actes d'ailleurs, intellectualisé a posteriori, retrouvé sur des tournées saluées. Il est étonnant de voir à quel point Sleep a eu son succès d'estime chez les doomlords après le disband. OM d'un côté (vaillants loosers de la petite coupe d' Europe, ou duo basse batterie se la jouant shamanique pour darons), High On Fire de l'autre, stoners lords de l'espace, rock FM plus lourd que les Foo Fighters, juste parce que Matt Pike est resté à la guitare sans changer d'instrument, lui.

Aucun intérêt de reformer cette mixture nauséabonde weedeuse, vaguement hipster, mangeuse de graine de haut vol, si ce n'est de nous balarguer le plus gros cogneur de sa génération à la batterie (Monsieur Neurosis s'il vous plait) et de survoler le tout de riffs de haut vol. On aura compris le délire, Sleep n'est plus Dragonaut (exit les singles sabbathiens finis trop tôt), Sleep n'est plus Earth (exit les orgasmes mous produit dans la lenteur d'un larsen de fausse-couche), Sleep ressucite l'essence même de sa musique. Le son est dantesque, les riffs colossaux, les distos de prime, les soli s'invitent à la fiesta, le tout sur fond de rythmique de fin du monde typée Neurot recording CAC 40. 

Les mauvaises langues parlent déjà de l'inutilité de ce disque, Cisneros en tête scandant les soi disant même préchi précha que sur Bhima's Theme (Antartican Thawed) , Matt Pike se créant une vie de guitar hero, et Jason Roeder trouvant le chemin de ses cymbales. Foudre de guerre que ces conos de hipsters infoutus de cerner l'essence même d'un disque imparfait dans tous ses instants, mais surtout frôlant la perfection dans ses in exactions (Sonic Titan fédère à lui tout seul tout un pan de la musique métal moderne lente). 

Science est certainement la quintessence d'une alchimie musicale de personnalités se rejoignant après quelques années de tournée, à base de riffing pachydermique, de wawa gargantuesque, d'une batterie jamais égalée (et oui mon pote, je te le redirais en face) et de cassures sur des morceaux étirées jouissives. Parce que Science ne se contente pas de te livrer LE meilleur riff de tous les temps étiré en 65 minutes (Jerusalem) sur fond d'incantation vaguement pré habitant de St-Cyprien, Science te cogne le cerveau sur fond de riff doomy insondable, d'accélération rock n roll imbitable, de solo post surf rock déhanché, de dance music slappée et de house music faite à base de cordes.

Science est un énorme doigt d'honneur à tous les groupes qui se reforment dans l'espoir d'enfin mériter le succès qu'ils ont merdé. La seule envie que j'ai après avoir digéré cet énorme étron tubesque, c'est de retourner voir ce que donnait le dernier TAD, et de me frotter avec ma merde. Bisous.

Bertrand

Artiste : Sleep
Album : The Science
Sortie : Un vague mois de 2018 ; sans promo

Twitter icon
Facebook icon
Google icon
Pinterest icon
Reddit icon