Der Blutharsch and the Infinite Church of the Leading Hand – Sucht und Ordnung

Der Blutharsch n'est plus depuis Flying High ! Longue vie Der Blutharsch. Rétrospectivement, l'évolution des projets estampillés Albin Julius est plus que cohérente, elle est démentielle. Parti de l'apo folk médiéval de The Moon Lay hidden beneath a cloud (pour lequel j'en appelle à une réédition vinyle, en espérant que le patron lui-même me lise), bifurquant vers les contrés post apo/indus/martial de la première mouture du blutharsch jusqu'à prendre peu à peu son envol vers le psychédélisme et le rock mushroomisé ambiance Amon Duül II à partir de The Philosopher's Stones.

Le parcours depuis l'élargissement de nom du projet semble limpide, avec une cohérence sans aucun bémol. Lorsqu'on a pris son envol et que l'on plane parfaitement, aucune raison de redescendre. C'est la route que semble prendre le laboratoire d'Albin Julius et consorts sur ce Sucht und Ordnung, visiblement enregistré en une session semblable au live pour toujours plus de spontanéité et de retranscription psychédélique intacte.

Si les précédentes livraisons (notamment Cosmic Trigger) adoptaient une architecture beaucoup plus organisée et bétonnée à la Faust, les prémices autoroutières qu'étaient Joyride puis la confirmation kraut rock The Wolvennest Sessions nous donnaient les pistes à suivre pour embrasser la nouvelle forme incantatoire du blutharsch. Kraut donc est ce Sucht Und Ordnung, diablement rythmé même. On songe longuement à Neu ! Sur ce premier morceau motorik donnant la cadence pour la trentaine de minutes de ce road trip robotique.

Plus aucun complexe donc, la bête a définitivement muté, dans une attitude toujours plus assumée de leurs sons et leurs envies. Les riffs de gala rencontrent des claviers typées 70 avec vocaux typés Blutharsch saupoudrés par-dessus. Aujourd'hui encore plus qu' hier, la vérité et le sens de cette discographie sans faute éclate : la transe par l'anéantissement de l'esprit et l'oblitération de la réalité ont toujours été et seront toujours les éléments d'un album de Der Blutharsch. Le choix de la forme n'est qu' envie passagère, ou choix des armes, tout simplement.

En entendant ce riff orientalisant en face B, ou encore le side project Jastreb de l'année dernière, pourquoi la suite ne serait pas typée world religieux, à la Dead can dance ?  Le voyage étant la finalité première de ce trip psychédélique, le moyen de locomotion ne garde au final que très peu d’intérêt, tant que la galette nous fait arriver à destination. Et c'est toujours le cas de la part de Der Blutharsch, qui continue encore une fois sa mutation pour transformer l'essai qu'était Wolvennest Sessions en délaissant quelque peu le côté doomy pour se diriger vers quelque chose de beaucoup plus rythmé.

Comme d'habitude, la came en sachet fournie directement par les soins de l'église blutharschienne (http://www.derblutharschandtheinfinitechurchoftheleadinghand.com/) est addictive. Vous savez maintenant où vous la procurer.

Bertrand

Artiste : Der Blutharsch and the Infinite Church of the Leading Hand
Album : Sucht und Ordnung
Genre : Sachet blanc

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