De la sueur, mais pas de paillette, retour sur le Discipline Festival

De la sueur et pas de paillettes : 

Usé

On change de braquet et d'ambiance pour ce deuxième soir de Discipline. Tout seul sur la scène, maigrichon et désabusé, se tient Usé. Au premier coup d'oeil, on se dit qu'il porte bien son nom, vêtu qu'il est d'un caleçon long de cow-boy égaré, dévoilant coquinement une épaule par la large échancrure d'une marinière décolletée. Mèche blond filasse dégoulinant sur le front, petit ventre musclé à la bière, il est le parfait sosie de Michel Houellebecq et rien que pour ça, il attise la curiosité.
Très vite on se rend compte que sa faiblesse apparente cache une furie bruitiste tout à fait mortelle. On a un mouvement de pitié pour la guitare, allongée sur un support de clavier en X, et soumise à de nombreuses tortures dont, il faut l'avouer avec honte, les cris sont une jouissance à l'oreille. Des cymbales fracassées à coup de micro, une alarme incendie, des lambeaux de tubes variétoche échappés du calendrier de la poste 1974, un improbable slow avec un flic, des Amphétamines vaporisant l'énergie du désespoir.

Bref, le pur croisement de Daniel Guichard et de G.G. Allen. On adore.

 

Peter Kernel

Toujours pas de paillettes, mais on se calme un peu question sueur avec Peter Kernel, duo helvético-canadien, soutenu par un batteur mexicain, et il faut bien ça pour encaisser l'esthétique d'un son "math rock mâtiné de punk et de krautrock " (c'est Arte qui le dit ici même). Les pieds nus de Barbara et la bonne humeur d'Aris enlèvent allègrement les balades écorchées tendance DIY. Blagounettes, accueil sur scène de deux Anonymes Heureux extraits du public pour agiter maracas et tambourin, c'est drôle, c'est cool, c'est bien foutu.  

Pourtant je me suis un peu ennuyée... je vieillis, je crois.

Anna

Twitter icon
Facebook icon
Google icon
Pinterest icon
Reddit icon