De la sueur et des paillettes, retour sur le Discipline Festival

Gomme

Paupières pailletées et teint diaphane, Betsy célèbre de son chant gracieux et enragé la Sainte Trinité (une basse, une guitare et une batterie) du Post-punk tendance Riot. Notre-Dame du Garage (même si la référence ne semble pas leur plaire plus que ça) veille sur Gomme ; le trio évoque en vrac Sonic Youth, Bauhaus et The Smashing Pumpkins. Avec la fraîcheur de la jeunesse, Gomme grattouille les oreilles avec délicatement mais fermement ; les hésitations du début de set s'effacent pour laisser place à un son revendicatif, un poil teigneux, qui mêle coolitude de la côte ouest – la chanteuse vient de San Francisco, et une certaine retenue qui laisse cependant intacte l'agressivité, bref, ce qu'en anglais on appelle "attitude". On regrette un son approximatif et déséquilibré et un set écourté alors que le son de ces trois jeunes filles en colère commençait à peine à se déployer.

Frustration

"On chante des choses tristes et on prend des bains en écoutant Erik Satie

Le grand retour du polo noir :  Quintet à cordes de dandies paradoxaux, jouant les idiots, crachant (au sens propre) colère et révolte, portant un regard sans concession sur le monde et affichant crânement une dégaine étudiée, du no look du guitariste au pantalon cigarette à carreaux du chanteur à la belle voix de crooner déglingué,  Frustration déroule un son punk teinté de cold wave qui navigue avec élégance et brutalité sur les ondes moites d'un public conquis. Clavier bien tempéré, batterie mathématique basse de bûcheron et guitare avec juste ce qu'il faut d'ironie. Sous les grimaces perce le travail, l'éthique working-class (sans aucun espoir héroïque évidemment, ces temps-là sont bien finis...), le chic des Smiths et l'implacable dinguerie de Killing Joke. Ou comment pogoter avec sophistication.

Anna

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