Celeste / Exylem/ Black March au Rex de Toulouse le 12 mai 2018

Trois soirées du Grand Sabbat, Noiser a vu les choses en grand cette année et on peut les en remercier. A l'image de leur prog personnelle et toujours au fait de l'actualité, les trois soirées auront été un alliage entre groupe locaux, grosses sorties de l'année et grands noms internationaux (High on Fire, Chuch of Misery): une fête sur trois jours où les décibels et la déchirure auront été au rendez vous. 
 
 
C'est donc la soirée de clôture de l’événement sur laquelle on revient ici.
 
Black March/Exylem
 
Deux groupes de Toulouse et ses environs pour commencer les hostilités. Les locaux de Black March, forts du Praeludium Exterminii sorti l'an dernier, à la production bien plus clinique faisant ressortir leur amour pour un black chirurgical, où riffs rock n roll, violence moderne et blasts en tous genres côtoient certains passages mid tempo des plus réussis peuvent être fiers de leur prestation sur plus grosse scène. Quelques pépins par-ci par-là (caisse claire, micros) sont vite rattrapés par l'efficacité des compos et la réussite des riffs qui lorsqu’ils sont joués à l'unisson font mouche pour le bien de nos esgourdes. 
 
 
Exylem, quant à eux s'éloignent des sonorités black pour orienter la soirée vers plus de hardcore, moins de rock n roll, plus de souffrance peut être. Ça hurle, avec un trio vocal, la musique évolue et navigue dans différentes contrées, avec une volonté souvent plus progressive (Call of the sirens fait mouche, rappelant presque le Daïtro époque split avec Raein), revendiquant un coté Neurosis net, mais aussi et surtout une violence clinique à la Eryn non Drae, voire Unfold. De belles influences, pour une musique qui fait parfois vraiment forte impression, une présence scénique naturelle, des moshs parts galvanisantes, le tout manquant parfois de durée peut-être, pour pinailler comme un vieux con. On aimerait voir durer certains passages, les écouter s'étirer. A bientôt sur scène je l'espère.
 

 
Celeste
 
On va pas se mentir, on avait pas vu Celeste depuis une immense paye. Et c'est un tort, surtout en voyant à quel point leur musique a bougé. C'est pas évident de savoir pourquoi Celeste fait figure d'ovni sur une scène française extrême. On a souvent l'impression que ce sont les mal aimés, les incompris et beaucoup d'intellectualisation est faite autour d'un projet qui est pourtant tout ce qu'il y a de plus viscéral et de plus immédiat. Celeste parle clairement à notre corps. J'avais donc hâte de les retrouver live surtout après des sorties d'album de plus en plus variés, maîtrisés, mélodiques, teintés d'influences diverses mais surtout acquises. C'est bien simple, Morte(s) née(s) était selon moi un point culminant dans leur discographie, Infidèle(s) le petit dernier est un nouveau virage. Du coup c'est vrai que si à l'époque de Nihiliste(s) on avait cette sensation d'un live sans concession, mastoc et ratiboisant l'espoir ou les sourires, un marasme sonique douloureux mais agréable, la version 2018 scénique de Celeste est toute en teintes et en nuances. 
 
Le groupe conserve sa ligne de fabrique et de conduite, avec ces lampes frontales et cette fumée abusive, créant une sorte de mise en scène unique, car c'est un des rares groupes qui au final ne se mettent pas EUX en scène, mais créent un réel cadre pour leur musique, dépersonnalisé et pour le coup en accord avec la thématique du Grand Sabbat de l’événement !
 
Le son est éreintant, la musique lourde, et pourtant les riffs font mouche, les rythmiques s'emportent ou se posent. On ressent le côté ultra mélodique du dernier disque, le tout déchiré par les hurlements de Johann et cet effet de souffle musical bienveillant en live, portant l'intensité du set. On est clairement happé par la prestation et lorsque le groupe part pour clôturer cette soirée, on se demande pourquoi ce live n'aura pas duré plus longtemps, avec cette sensation de faille temporelle qui semble avoir écourté le set tant il était cohérent. 
 

 
Rassuré donc, Celeste en 2018 est encore meilleur qu'avant, et leur mixture unique prend tout son sens. Une réelle communion, en adéquation avec le sabbat de ce samedi soir. Merci aux groupes, merci Celeste pour la mornifle, merci à Noiser d'avoir été les maîtres de cérémonie. On les retrouve ce dimanche 20 pour un tout autre registre avec Jessica 93 et on espère voir un immense Sabbat en 2019.
 
 
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