2016, une année extrême !

Pour bien terminer une année ou en commencer une chacun y va de son petit top des sorties, celles qui nous ont touchés, marqués, fait vibrer. Exercice compliqué, compliqué par le nombre de sorties toujours plus important, par la quantité d’œuvres pouvant prétendre à se glisser en haut du panier, et compliqué par cette difficulté qui est de classer, dans un certain ordre, toutes ces œuvres, et, en un an, il y en a eu un paquet ! Je me suis donc prêté à ce petit jeu de contorsion en m’appliquant à me cantonner aux sorties metal. Je ne considère pas forcément tous les albums qui suivent comme les meilleurs dans leur genre, mais, pour 2016, ils ont imprégné mes pensées et mes goûts, chacun à leur manière. 

10 : Forteresse - Thèmes pour la rébellion

On commence donc par un groupe québécois dont je n’ai jamais été très grand fan, mais force est de reconnaitre qu’après cinq ans de silence, c’est un vrai tour de force que réalise Forteresse avec ce Thème pour la Rébellion. Dieu que cet album est intense. Classique, simple, mais tellement direct, brutal, agressif et terriblement épique ! Cet album est un véritable appel aux armes. Forteresse et ses riffs mélodiques glaciaux embarqueront l'auditeur pour un voyage dans un froid patriotique en plein cœur d’un Québec sanglant et guerrier.
 

 

09 : Bölzer - Hero

Loin d'être parti favori, Hero a parcouru un long chemin de croix avant de se hisser dans ce top. Mais, plus le compteur d'écoute s’incrémente, et plus il semble avoir sa place dans les attentes finalement comblées de 2016. Je prends un plaisir constamment renouvelé à écouter cet opus puissant, fort, mystique, tout en clarté et d’une cohérence absolue. Ce Bölzer-là me plait finalement tout autant que son sombre alter ego et qui sait ? Peut-être même plus

 

08 : First Fragment – Dasein

Je ne suis pas un farouche adepte de death technique, j’en écoute de temps à autre, j’essaye un peu de suivre le fil des sorties et l’année 2016 n’a pas été en manque d’opus de ce calibre. Mais s’il y a un groupe qui se détache du lot cette année, c’est bien First Fragment. Encore un groupe made in Québec, mais cette fois-ci on tirera son chapeau à l’implacable et brutale virtuosité de ce Dasein ! Cet opus est paroxystique de technicité, et le guitariste et compositeur en chef, Phillipe Tougas, semble venir d’une autre planète. Outre sa musicalité impeccable à la technique démentielle, Dasein possède ce qui fait, je pense, régulièrement défaut à tout ce qui se revendique d’une musique démonstrativement technique : une âme. 

 

07 : Vektor - Terminal Redux

Vektor, c’est un peu un ovni dans l’univers du thrash metal. Le quatuor d’outre Atlantique nous pond depuis quelques années des disques au style bien particulier et qu’il maitrise sur le bout des doigts, une espèce de mixture technico-thrash spatiale. L’année 2016 a vu l’arrivée de Terminal Redux, troisième opus de la bande qui vient définitivement imposer Vektor comme ce qui se fait de mieux en termes de thrash technique. Plus accessible et un poil moins violent que ses prédécesseurs, cet opus n’en reste pas moins une perle de vélocité à la technique irréprochable et au groove entêtant. Rien de moins qu’un des meilleurs albums thrash de ces dernières années.

 

06 : Dormant Ordeal – We Had It Coming

La Pologne et le death metal, c’est un peu une grande histoire d’amour. Néanmoins, cela faisait un bon moment qu’un groupe de death polonais n’était pas venu me secouer un peu. We Had It Coming dégage une énergie monumentale, on fait difficilement plus classique, mais putain tout y est parfaitement équilibré. Des tourbillons de tremolos aux tapis de double en passant par des instants plus pachydermiques, rien n’est à jeter sur l’album de Dormant Ordeal. Sûrement une de mes meilleures découvertes de groupe cette année.

 

05 : Chthe’Ilist – Le Dernier Crépuscule

Définitivement, le Québec truste ce top 2016 et, entre First Fragment et Chthe’Ilist, Philippe Tougas n’a clairement pas chômé. On se trouve là bien loin des envolées épiques et néo-classiques de First Fragment. Ceux à qui Demilich évoque quelque chose comprendront très vite lorsqu’ils auront posé leurs oreilles sur cet opus. À la limite de l’album hommage, Chthe’Ilist propose, avec ses sonorités caverneuses et ses riffs abandonnés par toute forme d’harmonie, un album de death metal d’une lourdeur écrasante qui engloutit littéralement l’auditeur pour le plonger dans les entrailles crépusculaires de la terre. 

 

04 : Deathspell Omega - Synarchy Of The Molten Bones

Il se peut que je n’aie absolument aucune objectivité quant à l’appréciation que j’ai de certains groupes, Deathspell Omega en fait sûrement partie. La perception que nous avons d’un objet débouche toujours sur une interprétation subjective de celui-ci. Lorsque nous plongeons dans ses entrailles, lui aussi s’immisce dans les nôtres et nous imprègne de son essence et, cela parait inévitable, à chaque écoute, cet opus me soustrait à moi-même. Le talentueux duo français semble donc avoir trouvé une arythmie qui lui colle à la peau, puisse-t-il ne pas s’en contenter trop longtemps et à l’avenir se dépecer à nouveau. Quoi qu’il en soit, Synarchy Of The Molten Bones est une suffisante demi-heure d’un féroce déluge qliphothique au service de la dégradation céleste. 

 

03 : Ulcerate - Shrines Of Paralysis

Je n’avais que très peu apprécié le précédent effort des Néo-zélandais d’Ulcerate. Vermis me semblait bien trop théorique, sans nuance, et surtout sans réelle profondeur. J’ai donc suivi d’assez loin l’arrivée de ce nouvel opus, sans trop savoir quoi en attendre. Et bien ce Shrine Of Paralysis s’est révélé impitoyable ! Cet opus charrie un fatalisme furieux et absolu, tel une violente fièvre, une maladie rampante et mortelle, les riffs, les percussions, les hurlements, tout dans cette œuvre dégouline d’une brutalité à nul autre pareil. Une brutalité technique et toute en nuances, profonde et féconde, distillant une atmosphère de tension constante. Pour moi, une vraie réconciliation.

 

02 : Alkerdeel – Lede

C'est belge, ça donne l'impression de se faire uriner de l'éthanol à la gueule, les notes tournent, tournent, vers l'infini et au-delà ! Alkerdeel vomit un brûlot désarticulé d'un nihilisme rare, à la limite de la nausée. Lede est une ode à l’immondice, un mix des extrêmes destiné à tous ceux qui se refusent à l'optimisme, à la joie ou à n'importe quel autre bon sentiment. Cet album est absurde, répétitif, hypnotique et tellement jouissif, comme un pack de 8.6 qu'on boit tiède pour ensuite avoir l'alcool mauvais et qui, à la fin d'une longue nuit éthylique, vous laisse en PLS, recouvert de vomi au milieu des ordures, à bon entendeur.

 

01 : Ex aequo : Skáphe & Cultes des Ghoules

Alors oui, je triche un peu. Depuis sa sortie, le deuxième album de Skáphe ne pouvait que se placer au sommet de cette année 2016. Mais ces derniers mois ont été hantés par Coven, or Evil Ways Instead of Love, nouveau méfait de Cultes de Ghoules et grandiose œuvre de magie noire venue littéralement m’exploser en pleine gueule. J’ai donc décidé de créer un podium à deux têtes. Ma liste, mes règles. 

Skáphe - Skáphe²

Il est clairement difficile de faire plus tentaculaire et cauchemardesque que le dernier album de Skáphe. Après un premier album plutôt convaincant, le prolifique Alex Poole s’est adjoint les services de l’Islandais D.G (Misþyrming, Naðra), pour nous assener une descente psychotique dans des méandres abyssaux matérialisés dans la sortie black métal la plus maladive de l’année.  Skáphe² est un monolithe perturbant et hermétique, voguant tranquillement entre de cacophoniques vortex de riffs dégueulasses et une brume d’atmosphères suffocantes de noirceur. La radicalité artistique d’une telle œuvre en rebutera plus d’un. Cet objet est littéralement hanté par la mort et la ruine, de mon côté il ne m’en faut pas plus pour le coller en haut du classement.

 

Cultes des Ghoules – Coven, or Evil Ways Instead of Love

1h40… certains trouveront ça peut être indigeste, lâcheront l’affaire au détour du premier morceau, n’arriveront pas à se laisser pénétrer par le malin… 1h40 avec Cultes des Ghoules ! 1h40 d’un théâtre démembré, de poésie morbide, d’ivresse démoniaque, de folie crasse et de ténèbres insondables ! Les Polonais s’enfoncent toujours plus profondément dans la folie et creusent une tombe sans fond. Ces riffs crépusculaires, ces percussions tribales, cette atmosphère nimbée de démence moyenâgeuse, cette production sale et tellement à propos et cette performance vocale délirante et divinatoire, Coven, or Evil Ways Instead of Love c’est 1h40 d’invocation démoniaque pour se retrouver en compagnie du Diable en personne !

 

En prime, sans ordre précis, les dix suivants prétendants au top :

Schammasch – Triangle
https://schammasch.bandcamp.com/album/triangle

Oranssi Pazuzu – Värahtelijä
https://oranssipazuzu.bandcamp.com/

Uada – Devoid Of Light
http://records.eisenton.de/album/devoid-of-light

Aluk Todolo – Voix
https://aluktodolo.bandcamp.com/album/voix

Mantar – Ode To The Flame
https://mantar.bandcamp.com/album/ode-to-the-flame

Glorior Belli – The Flock That Welcome
https://agoniarecords.bandcamp.com/album/sundown-the-flock-that-welcomes

Antaeus – Condemnation 
https://antaeusofficial.bandcamp.com/album/condemnation

Hail Spirit Noir – Mayhem In Blue
https://hailspiritnoir.bandcamp.com/album/mayhem-in-blue

夢遊病者 - 5772 
https://vnkv.bandcamp.com/album/5772

Mare Cognitum - Luminiferous Aether
https://marecognitum.bandcamp.com/album/luminiferous-aether

Samuel

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